C N D D H

Coalition Nigerienne des Défenseurs des Droits de l’Homme

                                                                                                                                 

L’échec du 'Tazartché' va-t-il ouvrir la voie pour un respect effectif des droits de l’homme ?

S’il y a une chose qui caractérise la plupart des pays africains, c’est le manque de volonté à pouvoir assoir une culture démocratique caractérisée par le respect effectif des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Au Niger, le non respect des droits de l’homme ces dernières années a entrainé nombres de violations de ces droits vis-à-vis de ceux qui les dénoncent. Arrestations et détentions arbitraires, harcèlement judiciaire, répression violente des manifestations de l’opposition, violations des libertés fondamentales.
Des cas récents étaient celui des membres de la société civile tels Marou Amadou (pour lequel le ROADDH a sorti un communiqué de presse) et de Wada Maman qui ont fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires et qui continuent jusqu’à ce jour de faire l’objet de poursuites judiciaires.

Quoique arrêté, Marou Amadou, considéré comme leader de la société civile au Niger est optimiste et dit que la lutte pour l’avènement de la démocratie au Niger prendra le temps qu’il faut mais qu’elle atteindra ses objectifs. ‘‘Les dictatures c’est comme un grand baobab, à force de lui donner un coup de hache chaque matin, il finira par s’écrouler un beau jour…’‘ a-t-il laissé entendre.

L’arrestation du président de la République du Niger permettra t-elle aux défenseurs des droits de l’homme de ce pays de jouir pleinement de leur droit à s’exprimer librement et que les poursuites judiciaires contre Marou et ses camarades de lutte soient arrêtées?
Attendons de voir!
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Marou Amadou toujours dans le collimateur de Tandja.
 
Plus qu'une série télévisée,  l'affaire Marou Amadou continue tristement son chemin épisode après épisode.
Le Réseau Ouest Africain des Défenseurs des Droits Humains (ROADDH/WAHRDN ) a été de nouveau informé de la condamnation de M. Marou Amadou, président du Front uni pour la sauvegarde des acquis démocratiques (FUSAD) et du Comité de réflexion et d’orientation indépendant pour la sauvegarde des acquis démocratiques (CROISADE), à trois mois de prison avec sursis. Le 25 janvier 2010, la Cour d’appel de Niamey a condamné M. Marou Amadou à trois mois de prison avec sursis pour "propagandes régionalistes".

Rappel des faits

En effet, le 10 août 2009, Marou Amadou a été arrêté par la police judiciaire et détenu dans la prison de haute sécurité de Koutoukali, a 113 km de Niamey. Il est accusé d’ «infraction contre la sécurité de l’état ». Le 11 août 2009, il a comparu devant le TGI et a été acquitté pour vice de procédure. Le même jour vers 16h00, alors qu’il attendait que toutes les procédures liées à sa libération soient terminées, deux véhicules du FNIS sont arrivés à la prison civile et l’ont embarqué sans présenter de mandat et sans aucune explication ni indication concernant le lieu où ils allaient le conduire. L’endroit où il se trouvait est resté inconnu jusqu’au lendemain, quand ses collègues et ses proches ont appris qu’il était détenu par la police judiciaire. Il n’a pu recevoir aucune visite jusqu’au 13 août, mais seul son avocat a été autorisé à le voir.
 

Le 9 août 2009, Marou Amadou a lu une déclaration publique du FUSAD, à l’occasion du 10ème anniversaire de la Constitution du Niger, dénonçant la corruption du gouvernement du Président Tandja Mamadou, ainsi que l’illégalité du référendum soutenu par le gouvernement qui a eu lieu le 4 août 2009. Dans cette déclaration il a fait référence au fait que, le 12 juin 2009, la Cour Constitutionnelle a reconnu le caractère illégal de ce référendum. Le 29 juin 2009, lors d’un programme télévisé sur la chaîne Dounia, Marou Amadou avait mentionné une déclaration publiée par le Front de défense de la démocratie (FDD), dans laquelle il demandait à l’armée de respecter l’article 13 de la Constitution du Niger, dans lequel il est écrit « Nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal ». Le même jour, Marou Amadou avait été arrêté par la police de Niamey et détenu dans les locaux de la police judiciaire. Le 30 juin 2009, il avait été accusé d’avoir « incité à la désobéissance envers les forces de défense et les forces de sécurité », «comploté contre l’autorité de l’Etat » et « entrepris de démoraliser les forces armées » selon les articles 76, 78 et 79 du code pénal – accusations pour lesquelles il peut être condamné à mort. Il a aussi été accusé d’ « infraction flagrante par voie de presse ». Il a été libéré le 2 juillet 2009, mais toutes les accusations restent en suspens.

 
Le ROADDH a informé le Bureau de la Rapporteure Spéciale sur les défenseurs des droits de l’homme en Afrique de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples afin de prendre des actions urgentes à cet effet.

Il faut le rappeler, le Niger est l’un des pays où la violation des droits humains a atteint son sommum. 

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Le Niger

Le Niger, officiellement la République du Niger, est un pays d'Afrique de l'Ouest steppique, situé entre l'Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Tchad, la Libye, le Mali et le Nigeria. La capitale est Niamey. Les habitants sont des Nigériens (ceux du Nigeria sont des Nigérians). Le pays est multiethnique et constitue une terre de contact entre l'Afrique noire et l'Afrique du Nord.
Le Niger s'étend sur 1 267 000 km². Il est le plus vaste des pays de l'Afrique occidentale et se classe 6e à l'échelle continentale (après le Soudan, l'Algérie, le Congo, la Libye et le Tchad).

La fécondité y atteint un des niveaux les plus élevés au monde avec 7,46 enfants par femme. Sauf l'effet de l'émigration, la population du Niger pourrait passer à 50 millions d'habitants en 2050, contre 12,5 millions en 2006 et 2 millions en 1950. La forte croissance démographique s´explique par une société patriarcale où seuls les hommes travaillent tandis que les femmes restent au foyer, avec manque de retraites (les enfants s´occupent des parents quand ils sont vieux). Sa capitale est Niamey

La dégradation de la situation des droits de l'homme ces derniers temps inquiète les défenseurs des droits de l'homme. Arrestations et détentions arbitraires, harcèlement judiciaire, répression violente des manifestations de l’opposition, violations des libertés fondamentales caractérisent désormais le régime en place au Niger depuis le référendum constitutionnel du 4 août 2009.

Le président Mamadou Tandja a réussi son coup de force lors du référendum constitutionnel décrété illégal par la Cour constitutionnelle et contesté dans tout le pays. Ce référendum vise à autoriser la modification de la constitution nigérienne. Les deux grands changements qu'il engendrera sont la non limitation du nombre de mandats présidentiels et le passage d'un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel. Mamadou Tandja pourra ainsi se présenter de nouveau aux élections de décembre 2009. La tenue du référendum a été précédée et suivie de grandes manifestations et contestations. Le résultat de ce référendum risque de brider le processus démocratique entamé au Niger depuis une dizaine d'années.

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