Le Réseau ouest africain des défenseurs des droits humains (ROADDH) a procédé le vendredi 30 juillet 2021 à son secrétariat à Lomé au lancement de « l’étude sur la situation des Femmes défenseures et autres défenseurs des droits humains les plus vulnérables en Afrique de l’ouest ». Un lancement fait en webinaire avec l’ensemble des organisations membres du ROADDH que sont les Coalitions.

Ce rapport vient faire un état des lieux de la situation des Femmes défenseures des droits humains en Afrique de l’ouest mais aussi des Défenseurs des droits humains les plus vulnérables. Il vient mettre en lumière les violations et défis spécifiques auxquels font face les Femmes défenseures des droits humains et les Défenseurs des droits humains les plus vulnérables dans 6 pays de l’Afrique de l’ouest que sont : le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria ; le Sénégal et la Sierra Léone ainsi que le contexte politique qui consiste à fragiliser ou protéger leur travail.

Un rapport qui intervient 5 ans après le rapport de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) sur la situation des femmes défenseures des droits humains. Il vient confirmer que les Défenseurs des droits humains, malgré la contribution de leur travail à la construction de sociétés inclusives, sont très exposés, car menant leurs actions souvent au prix de nombreux risques. Des risques aggravés lorsqu’il s’agit des Femmes défenseures des droits humains ou des défenseurs appartenant aux groupes vulnérables et en raison de leur statut social et des sujets sensibles sur lesquels ces défenseurs travaillent. 

Pour la Directrice de Programmes et Plaidoyer au ROADDH Mélanie SONHAYE-KOMBATE, c’est un long processus qui a permis d’arriver à ce résultat d’où toute sa reconnaissance envers le partenaire financier de cette étude Foundation for a just society (FJS) et au Consultant ainsi que toute son équipe.

Malgré que l’étude soit effectuée dans 6 pays de l’Afrique de l’ouest, l’ensemble des pays ouest africains, ont apporté leurs contributions pour l’enrichir au cours d’un atelier de validation.

Les recommandations présentées à la fin de l’étude tentent d’apporter une solution aux problèmes identifiés dans la sous-région sur la base de questionnaires qui cible les problèmes relatifs au vide ou à l’insuffisance juridique pour la protection des Défenseurs des droits humains et des Femmes défenseures des droits humains au plan national. Aussi, notons l’inexistence d’un statut juridique clair reconnu à ces acteurs en droit interne, l’existence de lois nationales qui entravent le travail des Femmes défenseures des droits humains et des Défenseurs des droits humains les plus vulnérables. A ces faits, il y’a les dérives autoritaires sous couvert de la lutte anti-terroriste brimant les droits des Femmes défenseures des droits humains, la réticence de la plupart des Etat à domestiquer la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des droits humains de 1998.

Commanditée par le Réseau ouest africain des défenseurs des droits humains, la Coalition Burkinabè des droits humains et la Coalition ivoirienne des droits humains avec le soutien financier de « Foundation for a just society », cette étude se situe dans le cadre de la mise en œuvre du programme « Renforcement de la promotion et de la protection des Femmes défenseures et autres défenseurs des droits humains les plus vulnérables en Afrique de l’ouest ». Elle met en lumière à la suite du rapport de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples de 2014, les défis persistants, mais aussi les nouveaux défis que rencontrent les Défenseurs des droits humains ; en particulier les Femmes défenseures et les défenseurs des droits humains les plus vulnérables en Afrique de l’ouest.